Marys’ à minuit : Création au TnBA 23 janvier-9 février 2018   Mise à jour récente !


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Marys’ à minuit
Production TnBA – Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine
Création au TnBA du 23 janvier au 9 février 2018

Supplémentaire ajoutée le 24 janvier à 17h

Texte Serge Valletti
Mise en scène Catherine Marnas

Tous les soirs, Maryse attend le sosie de Jean-Louis Maclaren qui lui faisait des « caresses suggestives », avec l’espoir fou qu’il vienne à nouveau la serrer dans ses bras. Alors, elle parle Maryse, se raconte, imagine, et les mots se bousculent, s’entrechoquent… Sa pensée vive, sans complaisance, dévoile une fantaisie que la solitude met à l’épreuve mais ne parvient pas à abimer.

Ça fait quinze ans qu’elle « vire à droite, à gauche » Maryse, qu’elle dit « ça ira, ça ira » parce que ça va toujours quand on a les mots pour le dire. Serge Valletti a l’oreille pour les mots de la rue, il s’intéresse aux gens simples, aux portraits décalés, non pour les caricaturer et les ridiculiser mais parce que leur langue, leur truculence, leur façon de rêver, de mettre le haut en bas, le nord au sud – et inversement – raconte le monde autrement. Car, comme dit Maryse, « la vie risque de passer et je n’y aurais vu que du feu ».

Retour sur…

Je vais mettre en scène une nouvelle fois Marys’ à minuit, presque 20 ans plus tard. Même texte, même interprète mais autour, tout change. Le spectacle sera donc forcément le résultat de ces changements, de mon regard, du monde autour de nous… En entendant les propos de Robert Guediguian sur son nouveau film : La villa , je reconnaissais des échos de ce désir de « retour sur ». Est-ce Marseille qui pousse à ces interrogations sur le devenir de nos aspirations, de nos utopies? Marseille, sa truculence et sa vitalité confrontées au temps qui passe?

Je pense aussi à mon maître, Antoine Vitez, qui a remis en scène 3 fois Electre en l’espace de 20 ans. Même Electre : Evelyne Istria mais les rapports d’âge entre les personnages s’inversaient peu à peu.
Pour Marys’ poser le calque d’hier sur aujourd’hui c’est faire une sorte d’expérience de laboratoire pour mesurer notre rapport à l’absurde. Rien n’est plus contextualisé que le comique de l’absurde. Roland Dubillard me racontait qu’il n’était pas traduit en allemand, son comique ne rencontrant aucun écho dans ce pays .

Rions nous des mêmes choses aujourd’hui? Ai-je la même légèreté ? Avons nous la même confiance dans le monde pour pouvoir le bousculer, le basculer cul par dessus tête avec la même gourmandise libertaire?
Maryse ne cesse de prendre ses auditeurs à témoins: « c’est censé ça non? », c’était aussi l’interrogation sous jacente de mes deux interprètes des Diablogues du même Dubillard. La fantaisie a sans doute changé de visage mais je crois que notre pulsion de liberté nous permettra encore de répondre “oui” en larguant les amarres de la raison.

Catherine Marnas

MARYS A MINUIT © frederic desmesure

MARYS A MINUIT © frederic desmesure

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